La santé après la maladie

J’ai longtemps hésité à écrire cet article, tout bonnement car je ne savais pas comment le présenter. On a chacun notre parcours et la maladie a fait partit du mien. 

 

A l’origine de tout ça

A l’âge de 6 ans, on m’a diagnostiqué un cancer des os. Ce fut le début d’une dizaine d’années de lutte dans différents hôpitaux et structures. Vous pensez bien qu’à cet âge là, on ne se souvient pas de grand chose. Néanmoins, il me reste des flashs, des souvenirs, des sensations qui sont gravées en moi. Je dois clairement la vie aux médecins qui se sont occupés de moi et à ma famille qui a été plus que présente. Toute cette période, a fait naitre ma vocation, celle de devenir médecin pour aider à mon tour des personnes comme l’on m’a aidé dans mon enfance. 

mélanie

Perfectionnisme 

Quand on a été dans une situation qui nous a échappé, dans laquelle on ne contrôlait rien, par la suite on a envie de contrôler tout le reste de notre vie. C’est pour cela que je me suis mise à bien travailler à l’école car c’était bien la seule chose que je pouvais contrôler et maitriser à l’époque. A partir de là, j’ai commencé à cultiver mon sens du perfectionnisme. 

Le perfectionnisme est une qualité à double tranchant. D’une part, il est important à mon sens de faire les choses bien, dans tout ce que l’on entreprend dans la vie, car bâcler ne nous apportera qu’une satisfaction partielle. Mais d’autre part, le perfectionnisme peut vite virer à l’obsession de toujours vouloir trop bien faire. Aujourd’hui encore, je suis toujours sur le fil du rasoir entre perfection et obsession. Bien sur, on a toujours envie de tout bien faire mais parfois il faut savoir lâcher prise.   J’apprends, jour après jour, à lâcher prise sur des choses qui n’en valent pas la peine, des choses qui ne méritent pas qu’on y perde notre bonne humeur. 

Rien ni personne n’est parfait, mais notre société actuelle essaie de nous faire croire le contraire à travers toutes les images qu’elle véhicule. Si nous n’y prenons pas garde, le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure peut en être modifié. 

mélanie

 

Le regard des autres 

Là nous entrons dans le coeur du sujet. Malheureusement, dans notre société, on crée des cases pour y faire rentrer les gens dedans. Quand on voit quelque chose d’inhabituel, on est perturbé mais c’est humain vous me direz. 

Le plus dur dans ce qu’il m’est arrivé, est d’avoir été confronté aux regards des autres très jeune. Je ne vous apprend rien, les cours de récréation des collèges et lycées sont des univers impitoyables. Tous les jeunes, ayant subi moqueries et harcèlement voient de quoi je parle.

Ce que les jeunes ne comprennent pas et ne savent pas je pense, c’est la douleur que peut ressentir une personne qui se sent observée parce qu’elle est différente. J’ai effectivement de grandes cicatrices sur une de mes jambes et je ne compte plus le nombre de regards insistants de personnes qui les fixent lorsque je porte une jupe ou un short. Aujourd’hui, je m’en fiche (enfin j’essaie), mais ça n’a pas toujours été le cas. Il m’a fallu de nombreuses années, des remarques désobligeantes et une acquisition d’assurance pour en arriver là. Je vous renvoie à l’article que j’ai écrit il y a quelque temps « bien plus qu’une histoire d’apparence » où j’explique comment le développement de mon style et le fait de me sentir bien dans mes vêtements m’a aidé et m’aide encore aujourd’hui à me sentir mieux. Aujourd’hui quand je sors dans la rue en robe par exemple, c’est encore un peu difficile je ne vais pas vous mentir mais je m’améliore, je me sens de plus en plus à l’aise. Comme pour beaucoup de choses, il faut du temps et de la persévérance. 

J’ai grandi avec tout ça, j’ai muri et pris de l’assurance et aujourd’hui, ce regard des autres a permis de modifier celui que je portais à mon tour sur les personnes.

mélanie

 

Le regard sur les autres 

Ce que j’ai remarqué depuis bien longtemps, c’est que les gens sont souvent pleins de préjugés pour pouvoir mieux classer les gens dans des cases. Quand on formule des préjugés, c’est simplement qu’on ne prend pas la peine d’apprendre à connaitre les personnes. Je ne suis pas parfaite, ça m’est arrivé et ça m’arrivera encore si je n’y fait pas attention. Je pense qu’il est important d’apprendre à connaitre les personnes qui nous entourent, pour pouvoir se faire sa propre opinion. On peut avoir des déceptions mais au moins pas de regrets. 

Être malade m’a appris une chose, la bienveillance. Personne ne sait de quoi l’avenir est fait alors ne le gâchons pas à être malveillant. 

Maintenant quand je rencontre des personnes, je pars de zéro. J’essaie de voir le bon en chacune des personnes. Certains dirons que c’est de la gentillesse, moi je dirais plutôt de l’ouverture d’esprit. 

Les seules choses que je ne cautionnent pas, sont tous les manques de civisme. L’irrespect et les insultes sont de plus en plus courants malheureusement. Face à de telles situations j’essaie de ne pas m’attarder et je me dis qu’il a quand même encore beaucoup de personnes bienveillantes sur Terre. 

C’est mon attrait pour la bienveillance qui m’a poussé à entamer des études de médecine. 

 

 

En route vers la médecine 

Pour moi le plus beau des métiers est d’aider des personnes dans des situations difficiles qu’elles n’ont pas choisies. La maladie est une de ces situations terribles qui mérite qu’on se batte pour en sortir. 

En 2014, je me suis donc lancée dans ces études. Aujourd’hui en 4ème année, je peux vous dire que c’est un autre combat qui est loin d’être de tout repos. La médecine est un métier extrêmement exigeant qui demande beaucoup de connaissances et de savoir faire. L’administration n’est parfois pas très compréhensive. 

En bref, mes études ne se passent pas vraiment comme je l’avais imaginé mais je garde de le cap pour pouvoir exercer mon métier comme je l’entends dans la bienveillance et l’entraide. 

mélanie

 

En conclusion, chaque personne a un parcours de vie et une histoire qui détermine qui il est. Si je n’avais pas été malade je n’aurais peut être jamais étudié la médecine. Mais aussi, être malade m’a permis de devenir quelqu’un que je n’aurais peut être pas été sinon. Je suis persuadé que dans la vie rien n’est dû au hasard, si les choses arrivent c’est qu’elles devaient arriver. Il faut essayer de tirer le bon de ce qu’il nous arrive!  (même si c’est parfois compliqué).

Je vous souhaite le meilleur, 

mélanie

8 Commentaires

  1. florence
    7 août 2019 / 11:32

    Quel magnifique témoignage. Tu es tellement une belle personne aussi bien physiquement qu intérieurement. Tu es presque ma fille et je suis fière de toi et de ton parcours. Heureuse d être dans ta vie. Je t embrasse.

    • Mélanie
      Auteur
      9 août 2019 / 17:33

      Merci infiniment 😍

  2. Manon
    7 août 2019 / 14:05

    Très bel article, les photos sont magnifiques!

    • Mélanie
      Auteur
      9 août 2019 / 17:34

      Merci beaucoup Manon !!

  3. Jean Luc
    7 août 2019 / 22:16

    C est un article rempli de moralité et de sagesse
    C est très touchant
    Chaque personne lutte pour une bataille dont on ne sait rien
    Je t embrasse Mélanie

    • Mélanie
      Auteur
      9 août 2019 / 17:35

      Je suis ravie que l’article t’ai plu !

  4. Isabelle
    12 août 2019 / 07:17

    Bonjour Mélanie ,

    Quel parcours du combattant mêlant sagesse et force !

    Quel exemple de résilience tu montres ,

    Je suis admirative ! Continue et fonce … l’avenir t’appartient 🚀🔝

    • Mélanie
      Auteur
      21 août 2019 / 17:07

      Je suis très touchée par ton commentaire! Merci..!

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